Présenté le vendredi 23 janvier 2026, ce plan vise à relancer la production de logements. L’objectif à horizon 2030 est ambitieux pour le Ministre de la Ville et du logement Vincent Jeanbrun et le Premier ministre Sébastien Lecornu qui a souligné une « panne plus que préoccupante » du secteur du logement.

Face à une crise du logement profonde et persistante, le Gouvernement a dévoilé en janvier 2026 un plan ambitieux baptisé « Relance Logement ». Présenté comme l’un des actes les plus radicaux depuis une décennie, ce plan vise à relancer massivement la construction, le logement social et l’investissement locatif privé.
Il repose sur un ensemble de mesures fiscales, financières et réglementaires censées inverser la tendance à la baisse de l’offre qui pèse sur l’accès au logement pour de nombreux publics.

Une crise de l’offre qui s’accélère

« Le logement fait partie des grandes urgences dans le pays qui ne pourront pas attendre le grand débat de de 2027 », a déclaré Sébastien Lecornu. C’est un constat que confirment des indicateurs particulièrement alarmants. Parmi ceux-ci, depuis 2022, la construction neuve a reculé de 25 %.

Il s’agit de l’une des premières préoccupations des Français : le marché du logement en France connaît une érosion de l’offre nouvelle, tant dans le parc privé que public.
Cette « crise du logement » sévit depuis plusieurs années, accompagnée d’une inaction soulevée par les professionnels de l’immobilier, notamment sur les trois années précédentes.

Premièrement, la construction neuve stagne, avec des mises en chantier et des autorisations significativement inférieures aux niveaux nécessaires. Deuxièmement, l’offre locative privée a sensiblement reculé, notamment depuis la fin des dispositifs d’incitation tels que le dispositif Pinel.
Enfin, la demande, notamment des étudiants, jeunes actifs et ménages modestes, reste forte et en croissance face à des prix élevés et des conditions d’accès difficiles. À savoir que près de 2,9 millions de ménages sont aujourd’hui en attente d’un logement social, tandis que le prix des appartements a été multiplié par 3,3 entre 1996 et 2022.

Ce contexte a poussé le Gouvernement à rehausser le sujet du logement au rang des grandes urgences nationales, au même titre que les crises économiques ou sociales.

Les objectifs stratégiques du plan

Le plan Relance Logement s’articule autour de trois objectifs quantifiables principaux à horizon 2030 :

  • 2 millions de logements construits, soit 400 000 logements par an.
  • 50 000 logements locatifs privés supplémentaires construits dès 2026.
  • 125 000 logements sociaux construits en 2026.

Ces objectifs traduisent une ambition forte : faire passer l’effort de construction à un niveau historiquement élevé pour répondre aux besoins croissants des ménages et contenir l’explosion des loyers et des prix de l’immobilier.

Un nouvel outil d’incitation à l’investissement locatif

C’est un mécanisme fiscal incitatif qui se trouve au cœur du plan pour les particuliers souhaitant investir dans l’immobilier locatif. Couramment appelé dispositif Relance Logement ou « dispositif Jeanbrun » (d’après le Ministre de la Ville et du Logement, Vincent Jeanbrun), il fonctionne sur la base d’un amortissement fiscal déductible des revenus fonciers et du revenu global.

Parmi les principaux atouts de ce dispositif applicable partout en France, on retrouve une déduction fiscale attractive avec un amortissement allant jusqu’à 12 000 € par an, avec la possibilité de déduire jusqu’à 10 700 € des autres revenus.
Les conditions d’éligibilité sont également intéressantes par leur souplesse. En effet, le dispositif est ouvert à tous les particuliers sur une durée de trois ans ; appartement neuf ou ancien rénové (travaux ≥ 30 % du prix).

Aussi, lorsqu’un investisseur particulier souhaite bénéficier de ce dispositif, il s’engage sur une durée de 9 ans à louer le bien à titre de résidence principale. Pour garantir des logements accessibles, il s’engage également à respecter un plafond de loyer intermédiaire, social, ou très social.

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Des mesures complémentaires pour dépasser le seul volet fiscal

Le plan Relance Logement ne se limite pas au dispositif fiscal. Il ne vise pas uniquement à répondre à des enjeux de financement ou de rentabilité, mais aussi à une demande grandissante sur de nombreux freins entourant cette thématique.

Il inclut plusieurs mesures structurantes :

1) Apporter un soutien au logement social

Des mesures budgétaires ont été annoncées dans le PLF 2026 pour ce plan qui mobilise 500 millions d’euros supplémentaires pour environ 700 bailleurs sociaux, afin d’accélérer la construction et la rénovation de logements sociaux sur l’ensemble du territoire.

2) Simplifier les règles de construction

Le Gouvernement entend réduire les freins réglementaires et administratifs à la production de logements, notamment en poursuivant la simplification du droit de l’urbanisme, en créant des « zones à bâtir d’urgence » où des dérogations ciblées permettront d’accélérer les opérations sur demande des collectivités, et en renforçant les outils de transformation des bureaux vacants en logements.

3) Faciliter la rénovation énergétique et revitaliser le parc existant

Bien que l’avenir de dispositifs comme MaPrimeRénov’ soit parfois incertain en fonction de l’évolution du budget, le plan comprend également des mesures visant à faciliter les rénovations énergétiques, un enjeu crucial pour la revalorisation des logements anciens et la lutte contre les passoires thermiques.

Il contient aussi un objectif de 800 000 rénovations d’ampleur par an à l’horizon 2030.

Les modalités de ce dispositif

Le plan « Relance logement » est ouvert à tous et tend à inciter les particuliers à l’achat d’un logement pour le mettre en location et, ainsi, à augmenter l’offre de logement disponible.
C’est l’ensemble des logements dans des immeubles collectifs partout en France qui est concerné par le dispositif, s’il s’agit :

  • de logements neufs,
  • de logements anciens, à condition d’investir 30 % du prix du bien en travaux.

Lors de l’achat d’un appartement par un ménage pour une mise en location, ce ménage pourra déduire de ses loyers à la fois l’intégralité des charges liées à la location (travaux, intérêts d’emprunt, taxe foncière), mais aussi une partie du prix d’achat du bien.

Les réactions et questionnements du secteur

La profession immobilière a largement salué l’effort de relance, notamment sur la dimension fiscale et sur le soutien attendu à l’investissement locatif privé. Plusieurs fédérations ont salué le statut du bailleur privé, qui remplace progressivement les anciens dispositifs tels que le Pinel.

Cependant, certains observateurs jugent les objectifs de construction trop ambitieux au regard de la réalité de l’activité immobilière récente, marquée par une chute des mises en chantier et des autorisations de permis de construire.
À noter que la question des quotas de logement social et des capacités financières du parc public fait l’objet de débats parlementaires et sénatoriaux intenses.

Une étude menée récemment par le site PAP (Particulier à particulier) révèle, selon ses auteurs, « un décalage majeur entre l’objectif affiché et la réalité du terrain ».
En effet, conduite auprès de 1.450 propriétaires bailleurs le 28 janvier 2026, le sondage conclut que 83 % des propriétaires interrogés déclarent que le dispositif Jeanbrun ne les incite pas à investir prochainement.
Seuls 11 % d’entre eux envisagent d’y recourir dans le cadre d’un investissement dans le neuf et seulement 6 % dans l’ancien, une minorité qui traduit le scepticisme des propriétaires concernés.

Un tournant politique avec des enjeux concrets

Le plan Relance Logement marque un tournant politique et stratégique visant à placer la production de logements au centre du débat public et économique.
En combinant stimulation fiscale, soutien au logement social et réforme du cadre réglementaire, le Gouvernement tente d’offrir une réponse globale à une crise structurelle qui touche tous les segments du marché.

Pour les professionnels de l’immobilier, ces mesures ouvrent de nouvelles perspectives d’investissement et de développement, notamment en matière locative. Mais elles posent aussi des défis en termes de mise en œuvre opérationnelle, de coordination territoriale et de stabilité réglementaire à long terme.

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